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#lyceedufutur : la « e–cl@ss » du lycée Jules-Verne de Mondeville

vendredi 11 janvier 2019, par Lycée Jules Verne.

Karl Bazin, enseignant au lycée Jules-Verne de Mondeville dans le Calvados, initiateur de l’une des propositions retenues lors de l’appel à projets innovants de la région Normandie #Lycée du futur explique son projet : la « e–cl@ss », ouverte depuis la rentrée 2018.

Karl Bazin, pouvez-vous dire ce qu’est une « e-cl@ss » ?

KB. La « e-cl@ss » est un lieu pédagogique doté d’outils numériques et de matériels innovants permettant de faciliter le renouvellement de pratiques pédagogiques variées, telles que la collaboration entre élèves, une plus grande différenciation pédagogique ou une meilleure guidance du travail par l’enseignant.Retour ligne automatique
Le mobilier est neuf, il se compose de sièges mobiles avec tablettes, ainsi que de deux îlots de huit places chacun. Les sièges mobiles permettent un large choix de configurations, comme par exemple les regroupements devant un des nombreux tableaux blancs disposés autour de la salle.
Exemple d’aménagement e-cl@ss
Les îlots sont composés de tables hautes et de sièges réglables. Ils autorisent un travail assis ou debout, en autonomie ou avec l’aide du professeur.
Une trentaine d’iPads vient compléter ce matériel innovant. Ils sont tous connectés à Internet en wifi. Les élèves n’ont pas de tablette attitrée, aucune n’est personnalisée. Grâce au vidéoprojecteur interactif, les élèves peuvent, de n’importe quel endroit de la salle, dupliquer l’écran de leur tablette pour une mise en commun de leur travail. Toutes ces tablettes sont gérées par une application centrale installée sur l’ordinateur du professeur : il peut ainsi partager des documents, récupérer des travaux d’élèves, proposer des applications…

Quelles sont les nouvelles attitudes induites par ces matériels innovants ?

KB. On peut constater une autonomie renforcée des élèves au sein de cet espace :
une initiative plus grande sur le choix des outils et de la forme de la production à réaliser (vidéo, présentation…).
Il est plus aisé pour l’enseignant d’accompagner un élève ou un groupe d’élèves : le professeur se trouve toujours « à hauteur d’élève », sur les sièges Node, en s’asseyant à côté d’eux ou sur les tables en îlots, où, même debout, on est à la même hauteur que les élèves.
L’espace est modulaire : les chaises mobiles facilitent la variété des modalités de travail (en individuel, en binôme, en groupe) sans empêcher des temps de regroupements classe.

Comment se déroule une « séance-type » ?

KB. Quel que soit le déroulement d’un cours, il faut constater dans un premier temps que les séances « longues » (jusqu’à deux heures) paraissent plus courtes aux yeux des élèves !Retour ligne automatique
En général, un cours commence par une séance de « briefing » en groupe entier, avec des consignes claires et concises, nécessaires au travail en autonomie.
Ce temps, le plus rapide possible, est suivi d’une période beaucoup plus longue, pendant laquelle les élèves se déplacent en fonction de leurs besoins : tablettes, création de groupes, utilisation des tableaux « périphériques »… Une activité est le plus souvent finalisée par une production.
Si ce travail s’étend sur plusieurs séances, un « débriefing » est réalisé à la fin de chaque séance permettant de consolider les connaissances abordées. Ce temps de retour permet de développer des compétences d’expression orale, les élèves rendant compte succinctement aux autres groupes de l’avancée de leurs travaux et des difficultés rencontrées.

Les élèves sont plus dynamiques, s’approprient leur espace, leurs outils et donc l’activité, qui n’est plus celle du professeur, mais bien le travail des élèves.
L’ENT L’Éduc de Normandie est-il utilisé dans cet espace ?

KB. L’ENT trouve particulièrement sa place au sein de ce type de travaux : tous les documents mis à disposition par l’enseignant sont centralisés sur l’ENT ; les élèves ont accès à des dossiers de travail ; des QCM sont réalisés en fin de séance afin de consolider les savoirs. L’ENT permet surtout une continuité des activités avant, pendant, et entre les séances.

Quel est le ressenti des élèves ? Pouvez-vous déjà mesurer les effets sur les apprentissages des élèves ?

KB. Oui, les effets sont sensibles ! Les tablettes permettent une mobilité mais aussi une rapidité de mise en œuvre (plus besoin d’aller sur l’ordinateur, de lancer Windows, d’ouvrir une session sur le réseau, donc du temps gagné pour la pédagogie), la prise en main est intuitive, rapide, fiable. La simplicité est en elle-même une partie de la réussite de l’activité.
D’autre part, l’espace (une ancienne salle de classe) a été revu : il est maintenant très agréable, les couleurs, matériaux et motifs favorisent une certaine forme de respect.
Les élèves sont plus dynamiques, s’approprient leur espace, leurs outils et donc l’activité, qui n’est plus celle du professeur, mais bien le travail des élèves.

Article initialement publié sur le site de la DANE de Caen